Printemps des poètes AFRIQUE(S)

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L’Afrique est à l’honneur pour ce 19 e Printemps des poètes.

http://www.printempsdespoetes.com/userfiles/File/2017/Premieres%20pistes%20bibliographiques-Afriques.pdf

Il n’est pas dans la liste ci-desssus, Guy Tirolien, poète guadeloupéen assez méconnu qui aurait eu 100 ans cette année.  Son poème  » Prière d’un petit enfant nègre  » par contre est très connu, je l’ai appris en 6 ème je crois, il y a très longtemps…. Mais je ne l’ai jamais oublié. Par contre j’ai longtemps cru qu’il était de Léopold Sédar Senghor, en fait il était dans l’anthologie de la poésie nègre et Malgache constituée par ce dernier.

Prière du petit enfant nègre

Seigneur
je suis très fatigué
je suis né fatigué
et j’ai beaucoup marché depuis le chant du coq
et le morne est bien haut qui mène à leur école
Seigneur je ne veux plus aller à leur école ,
faites je vous en prie que je n’y aille plus
Je veux suivre mon père dans les ravines fraîches
quand la nuit flotte encore dans le mystère des bois
où glissent les esprits que l’aube vient chasser
Je veux aller pieds nus par les sentiers brûlés
qui longent vers midi les mares assoiffées
je veux dormir ma sieste au pied des lourds manguiers
je veux me réveiller
lorsque là bas mugit la sirène des blancs
et que l’usine
ancrée sur l’océan des cannes
vomit dans la campagne son équipage nègre
Seigneur je ne veux plus aller à leur école
faites je vous en prie que je n’y aille plus
Ils racontent qu ‘il faut qu’un petit nègre y aille
pour qu’il devienne pareil
aux messieurs de la ville
aux messieurs comme il faut;
Mais moi je ne veux pas
devenir comme ils disent
un monsieur de la ville
un monsieur comme il faut
Je préfère flâner le long des sucreries
où sont les sacs repus
que gonfle un sucre brun
autant que ma peau brune
Je préfère
vers l’heure où la lune amoureuse
parle bas à l’oreille
des cocotiers penchés
écouter ce que dit
dans la nuit
la voix cassée d’un vieux qui raconte en fumant
les histoires de Zamba
et de compère Lapin
et bien d’autres choses encore
qui ne sont pas dans leur livre .
Les nègres vous le savez n’ont que trop travaillé
pourquoi faut il de plus
apprendre dans des livres
qui nous parlent de choses
qui ne sont point d’ici .
Et puis
elle est vraiment trop triste leur école
triste comme
ces messieurs de la ville
ces messieurs comme il faut
qui ne savent plus danser le soir au clair de lune
qui ne savent plus marcher sur la chair de leurs pieds
qui ne savent plus conter de contes aux veillées
Seigneur je ne veux plus aller à leur école.

Balles d’or (ed Présence Africaine 1961)  Balles d'or

Joli plaidoyer….

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par bibliothequedebracieux Posté dans Poésie

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