L’angoisse de la page folle

     Alix de Saint-André         Gallimard collection blanche   2016

320 pages

Gallimard annonce le roman d’une descente aux enfers pour Alix de Saint André, c’est plutôt un récit. Celui d’une expérience ratée et éprouvante qui lui est arrivée après avoir essayé, à sa demande auprès d’une amie médecin, un médicament générique et relaxant musculaire qui permet de se débarrasser de l’addiction à l’alcool. Alix pense pouvoir ainsi se débarrasser de sa propre addiction : la cigarette, 3 paquets par jour en se proposant comme cobaye.
Et voilà un livre à charge contre le baclofène, vu ce qu’elle a vécu on comprend la colère et le désarroi d’Alix de saint-André. Au début du traitement c’est le bonheur total, avec quelques excentricités (roulade sur le tapis du médecin)  jusqu’à ce que des hallucinations lui vaudront un séjour en clinique. On sait l’auteur un peu folle folle – si on a lu ses autres livres – mais c’est une « folie » sympathique, là elle tombe carrément dans un délire psychotique aiguë.

Trois semaines après le début du traitement elle est internée à Meudon. Le livre nous raconte les médicaments et leurs effets dévastateurs, la chute infernale et inquiétante d’Alix, son délire mystico religieux, puis ses recherches pour retracer ces journées oubliées où elle n’était plus elle-même..

 » Ainsi donc je suis malade.
A l’hôpital tous les autres savent pourquoi ils sont là et ce qu’ils y font. Sauf moi »

Il faut un courage énorme pour retracer ainsi ce parcours : Échange de mails, ordonnances bien chargées, rencontres avec la psy et rapport avec les médecins. Elle raconte son besoin irrépressible de marcher, les envies et besoins disparus, les messages de Dieu et les crises de délire qu’elle a vécus pendant cette année terrible. C’est un récit étonnant et très personnel, raconté d’une manière efficace et alerte, même si elle se répète souvent mais elle en a conscience.
Cela fait froid dans le dos. Heureusement l’auteure, malgré tout ce qu’elle a vécu arrive à y mettre une pointe d’humour mais semble avoir méchamment encaissé.
La deuxième partie du livre c’est son combat contre le Baclofène, très utilisé en France. Son combat aussi contre l’industrie pharmaceutique qui refuse de reconnaître les effets secondaires. Et pourtant toutes les pièces sont là.

300 pages que l’on lit d’une traite. J’ai trouvé ce récit passionnant, très lucide et impressionnant même s’il est un peu brouillon.
L’angoisse de la page folle, je vous le conseille vivement.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s