Le bonheur pauvre rengaine

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Le bonheur pauvre rengaine   Sylvain Pattieu

Le bonheur pauvre rengaine….
Ce titre emprunté à une chanson, on se le répète à l’envie à la lecture de ce roman.
Yvonne Schmitt et Yves Collouire sont les deux personnages clés de ce livre. Deux jeunes brisés par la vie. Ils auraient pu avoir un autre avenir. Ils avaient des rêves : le bonheur, surtout pour elle, et la richesse.. .
Ils se sont choisis 2 destins différents, l’une la prostitution, l’autre la violence, la délinquance. Mais avaient-ils le choix ? Tant la vie les a malmenés, cassés.
Leur route se croisera un jour…
L’auteur invente une vie romanesque à ses personnages de l’après-guerre car ils ont vraiment existé, vécus des galères. Tout le roman s’appuie sur des archives, des documents judiciaires.
Le bonheur pauvre rengaine.
Les voix se mêlent pour raconter cette vie d’après-guerre, dans ce Marseille corrompu où les filles sont frappées, les règlements de compte nombreux, les rencontres fortuites et pas toujours heureuses.
Chaque personnage prend la parole. La Marchand, Cyprien Sodonou… Ils racontent et puis ils témoignent
Il y a aussi André Robert le commissaire de police, qui en veut au monde entier de la mort de ses 2 fils pendant la grande guerre, eux qui valaient dix fois plus que cette « vermine ». Il ressasse pendant son enquête. Sûr de lui.
Un crime donc et une enquête. Nous sommes en 1920, la France tente de se relever de la boucherie qu’elle vient de connaître. Nous sommes à Marseille, ville de tous les trafics, dans le milieu de le prostitution, avec ses macs et ses petits voyous.
Un livre passionnant qui fait revivre toute une époque. Des descriptions précises, des portraits fouillés, des personnages et leur histoire font de ce roman une fresque passionnante dans ce milieu interlope.

« Un simple fait-divers. Une pelote de trajectoires, de mauvaises rencontres, des tristes sorts. Des fils à démêler »

 

citations :

« Le problème de cette affaire, c’est qu’elle se situait à la limite. La limite entre entre les Vieux Quartiers et le reste de la ville, la limite entre le monde des prostituées et le beau monde. Tout est question de frontières. Nous avons combattu quatre ans pour les défendre, et voilà qu’elles s’effritent de l’intérieur.  »

 

« Vous vous appelez Simone Marchand et vous êtes vivante. Vous vous êtes accrochée, avec vos doigts, avec vos cris, comme vous vous êtes toujours accrochée à la vie, pourtant elle ne vous a pas fait de cadeaux, si ce n’est ce beau visage, ces gestes gracieux »

 

« Elle a échappé à la force, à la violence, à la mort, au destin, pour un instant, au pied de la Bonne Mère. Elle est passée dans le bon camp. La vierge dorée au sommet du clocher a eu un air de Nikè, la Victoire. »

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