Victor Dojlida, une vie dans l’ombre

41fDK7O4FiL._AA160_[1]Un récit de Michèle Lesbre tout en émotion sur les traces de Victor Dojlida, immigré, résistant et condamné à 40 ans de prison.

Un drôle d’itinéraire pour ce garçon qui arrive de Biélorussie à l’âge de 3 ans, entré au FTP-MOI à 14 ans, arrêté ( sur dénonciation) et déporté à 18 ans. A son retour Victor réglera ses comptes lui-même. Et sera très sévèrement condamné.

L’auteur qui a rencontré plusieurs fois Victor Dojlida, remonte le fil de son histoire, retourne dans le pays de son enfance, dans cette région morne et plane, gorgée d’eau et aux usines abandonnées. C’est un long monologue adressé à cet homme décédé. Pas une réhabilitation, juste une remise en mémoire de ce que fut  la vie de ces hommes qui ont cru à la France et qui ont été broyés par l’injustice. Victor n’était pas un tendre certes, mais il ne méritait sûrement pas de vivre une telle disgrâce.

« En 1948, l’Est républicain titrait :

Aux assises de Meurthe-et-Moselle Dojlida le bandit.

Et dans l’article on pouvait lire : « criminel-né »

Tu sortais des camps de concentration. Tu n’a jamais été condamné pour meurtre…Tu revenais à peine de ce cauchemar de la guerre qui t’avait arraché à l’adolescence. Mais, avant  même que ce cauchemar commence, une sentence semblait déjà peser sur toi, cette sorte de discrimination qui jette les gens dans le mauvais camp, et que tout le système y maintient. »

Un livre très fort, juste un peu court. On aimerait en savoir un peu plus sur cet homme au destin incroyable.  Michèle Lesbre d’une écriture retenue nous raconte Victor, son enfance, ses parents, son combat et sa colère.

« Certains et certaines, une fois la paix revenue, ont tenté d’oublier, le plus souvent sans y parvenir. Toi, tu n’as jamais voulu. »

Une vie dans l’ombre  mise en lumière et c’est douloureusement triste et révoltant.

« Peintures-affiches » sur les murs et fenêtres de Chasselas ( Bourgogne en 2008)

(Photo Yves Duffeal)

Sur une fenêtre d’une maison de la place de l’ex "Gargantua" : Victor Dojlida ancien résistant d’origine polonaise au parcours très malheureux.

Sur une fenêtre d’une maison de la place de l’ex « Gargantua » : Victor Dojlida ancien résistant d’origine polonaise au parcours très   malheureux.

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