NINA PAR HASARD – Lire en Loir-et-Cher

Après ses romans noirs, Michèle Lesbre avec ce roman publié en 2001 aux éditions du Seuil passe à la littérature générale. Roman réédité  en 2010 chez Sabine Wespieser éditeur.

NINA PAR HASARD      Michèle Lesbre  .

– Vous l’avez quand même choisi ce prénom, c’est peut-être papa qui a eu l’idée.

– Ton père? Une idée? Ecoute, ma chérie, je n’en sais rien du tout, c’est arrivé comme ça, par hasard. Il te plaît plus ce prénom?

– C’est pas ça, je voulais savoir

– Y a rien à savoir, les prénoms c’est assez mystérieux. Moi je trouve qu’il te va très bien celui-là. (…)

 Je ne lui en voulais même pas. Je le ressentais tellement ce hasard qui m’avait posée là, dans cette vie-là; avec cette mère-là, que d’une certaine façon je pouvais admettre qu’elle n’y était pour rien, qu’elle n’avait pas choisi elle non plus. Nina, par hasard, un point c’est tout. 

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Nina est apprentie coiffeuse dans une petite ville du nord. Elle vit avec sa mère dont le dernier copain en date vient de partir. Il s’appelait Ricco, Nina ne l’aimait pas beaucoup avant il y avait eu Paul, son camion et de beaux dimanches…Il y eut aussi Bob. Et puis avant le père de Nina, dont elle a de vagues et beaux souvenirs, elle a longtemps  espéré qu’il reviendrait  la voir.

Il y a aussi l’usine de textiles. La bande des copines de Susy, sa mère. Les rires, la solidarité, les bals du samedi soir, les confidences…

Il y a Delplat. Un vieux beau pas sympathique, le patron de l’usine qui observe tout de sa fenêtre mais qui ne fait rien pour soutenir les ouvrières. Et le contremaître, un sale type qui note des drôles de choses dans son carnet.

 » Poste 7, la nouvelle, farouche et bandante,

  Belle chute de rein, mais rendement médiocre

  A surveiller de près si possible. »

L’usine est en grève. Les femmes s’organisent. Elles n’en peuvent plus de tout ce mépris. De ces machines bruyantes qui viennent de prendre 3 doigts à une ouvrière. Des fausses accusations de cette ordure de Legendre et de son carnet rouge.

Nina raconte cette histoire, elle raconte aussi son enfance, ses rêves aussi . Elle a un amoureux depuis l’école primaire, Stéph qui l’adore mais qu’elle n’aime déjà plus…Elle ne veut pas de la vie de sa mère, elle voudrait la sortir de ce monde qui l’use et la met en danger.

C’est une semaine dans la vie de Nina. Des souvenirs, des rires, des drames. La mouette, c’est ainsi que l’appelle son  ami Arnold passionné d’oiseaux, rêve de s’évader de cet univers étriqué. Les shampooings et les teintures ce n’est pas son avenir.

L’auteur nous restitue magnifiquement cette atmosphère si lourde, peuplée de moment heureux malgré tout mais aussi de larmes et de fureurs. Il y a de belles figures dans cette histoire, Louise volontaire et tendre, les grands-parents de la petite Nina, juste esquissés mais présent. Tous ces personnages à qui Nina s’est agrippé au sens propre comme au sens figuré.

« Nina par hasard » avance dans cette vie et elle sait où elle veut aller. L’auteur nous fait un beau portrait de cette jeune fille à peine sortie de l’adolescence. L’écriture est précise, les sentiments à fleur de peau. On s’immerge dans cette histoire et l’on pense au poème de Baudelaire  » Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »

Il y aussi une baignoire. Cela ne pourrait n’être qu’anecdotique, c’est le fil conducteur de cette histoire. Pas très beau que tout cela…

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