2 romans noirs de Michèle Lesbre

Après la lecture d’une sélection des romans de Sabine Wespieser éditeur, va venir le temps des rencontres dans le cadre de Lire en Loir-et-Cher avec les auteurs.

Pour notre comité de lecture où elle a été plébiscitée, c’est  Michèle Lesbres qui viendra rencontrer ses lecteurs et discuter avec eux, à  Vineuil le vendredi 4 avril à 20h30.

Michèle Lesbre sera également à Saint Laurent-Nouan le samedi 5 avril à 15h.

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En attendant nous vous proposons de découvrir ses écrits avec un choix important de livres, prêtés par la Direction de la Lecture Publique. Un joli moment de lecture.

 

 

 

Une simple chute      Babel noir

Une simple chute

Une simple chute

Lila se dirige vers Velmont, une commune où elle a passé quelques temps après son départ subit de chez elle. Dans le train elle apostrophe un passager qui se rend  au même endroit. Elle va lui raconter son histoire le temps du voyage

 » Mais je venais de commettre une erreur, j’entrais dans son jeu au lieu de lui signifier clairement que je n’étais pas disponible ».  Et voilà la narrateur embarqué dans un drôle de voyage  » Je ne sais pas ce que je regrette aujourd’hui » dit-il au tout début du livre.

En court chapitre le narrateur écoute cette voix qui raconte une histoire implacable. Les événements se sont enchaînés pour cette femme qui avait un travail, une vie bien établie et un mari qui la trompe avec une plus jeune. Ah Mercier comme elle dit, on le verra peu mais il est le point de départ de cet engrenage qui emmènera Lila loin, trop loin. Entraînant avec elle le narrateur qui ne demandait rien. Juste passer un week-end dans la maison de famille qui s’abîme doucement et retrouver Nathalie sa femme à son retour.

Nous suivons son histoire dans un souffle. René et sa gentillesse, l’improbable rencontre avec Ulysse, la solitude, la détresse.

Dans ce livre il y a comme souvent chez Michèle Lesbre des bistrots, de l’eau qui coule, de la pluie ( est-ce pour diluer les chagrins?), des arbres qui se tiennent debout. Pas toujours comme les hommes..

Michèle Lesbre dans ses romans noirs, nous « promène » dans un monde où la lâcheté des uns et des autres ne nous épargne pas. Elle dit les choses comme elles sont. Et sa petite musique est d’une tristesse prégnante. Une simple chute, mais un atterrissage douloureux…

Un livre très fort. J’ai beaucoup aimé cette « veine noire » de Michèle Lesbre, ses premiers romans dans la collection Babel, que je découvre.

 

Que la nuit demeure   Babel noire

Que la nuit demeure

Que la nuit demeure

André Martin est un flic ordinaire,  il va rencontrer Anne Carlat qui est mêlée à une affaire sordide en tant que témoin. Anne est le quasi-sosie de Cécile sa fille qui s’est suicidée il y a peu.  Il prolonge inutilement l’interrogatoire de la jeune femme, poussant jusqu’au moindre détail pour profiter de sa présence. Juste parce qu’elle est là, et que sa souffrance est insurmontable.

 » Je crois que ces quelques jours, furent parmi les plus intenses de ma vie. Nuits blanches et désespoir. Je poursuivis jusqu’au bout. » 10 ans plus tard André Martin se remémore les moindres détails de cette enquête, suite à la découverte de ce vieux dossier qui date de 1987 lors d’un changement de bureau.

On le suit dans ce village perdu du sud de la France où Anne va s’installer avec son mari pour les vacances. Un hameau perdu, loin de tout, où le seul habitant est Pellot un homme étrange, qui vit avec ses souvenirs. On pourrait y ajouter ses remords, mais en a-t-il? Pellot est un  » ours » qui n’aime pas les gens et surtout pas les africains. Névrose incompréhensible que le facteur attise sans en mesurer le danger. Il a retapé la ruine de la grange qui avait brûlé pour la louer à ces parisiens qu’il regarde avec animosité, il le regrette déjà. Anne se débat aussi avec ses cauchemars, son mari a une liaison. Sa vie est en train de basculer mais elle ne se laissera pas faire…

Une atmosphère sombre mais pas glauque, des peurs, des souvenirs qui s’entrecroisent.  De Cécile on saura peu de choses, des souvenirs épars, au fil de l’histoire de la jeune femme qui se confie à André Martin.  Peu à peu la folie va gagner ce coin de France où la nature est si présente et l’homme si déroutant.

Michèle Lesbre nous parle avec beaucoup d’humanité de l’humain, elle nous ouvre les âmes et décortique les rouages d’une vie ordinaire qui peut brutalement basculer dans le drame.

« Elle avait raison cette gamine, il y a des livres qui vous hantent »

Je ne sais pas si ce livre va me hanter, mais je sais qu’il y a des livres qu’il serait dommage de ne pas lire. Celui-là en fait partie.

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