Coup de coeur

Quelques livres sur un même sujet et un coup de coeur le livre d’Antoine Choplin….

La nuit tombée     Antoine Choplin      La fosse aux ours

la-nuit-tombee,M91791[1]

Un homme en moto, tirant une remorque bringuebalante, traverse la campagne ukrainienne. Cet homme c’est Gouri, il retourne à Tchernobyl pour y récupérer un objet auquel il tient.

En chemin il s’arrêtera chez des amis pour évoquer des souvenirs communs. C’est un monde à jamais disparu suite à la catastrophe…Il ne reste plus grand monde sur ce coin de terre, avant la zone interdite. Deux ans qu’il n’est pas revenu Gouri, il s’arrête chez Véra et Iakov «  je suis heureuse que tu sois venu, elle dit », Iakov est  très malade  » sa peau part en lambeaux« . On entre dans cet univers feutré, on écoute la voix de ces hommes et femmes. Quelques personnes qui ensemble égrennent des souvenirs « c’est comme tu vois. Tout le monde est parti ». C’est un livre glaçant, tout en poésie, écrit avec des phrases courtes mais qui vont à l’essentiel. Tout est dit en 120 pages. Un constat implacable, une voix qui raconte l’indicible. On suit Gouri dans ce retour, c’est émouvant et désespérant…

« Oui, entre Pripiat et la centrale. Tu te souviens de cet endroit ?

Oui, fait Gouri. Il n’y a pas longtemps, quelqu’un m’a dit que là-bas, certaines nuits, les arbres se mettaient à rougeoyer.

J’ai vu ça de mes propres yeux. On a vu ça, avec les gars. Un truc étrange. Tu regardes ça et même si t’as une grande gueule je peux te dire que ça te ferme le clapet. « 

« Eh bien, je serai toi, j’attendrai un peu d’avant d’y remettre les pieds. C’est un secteur qu’a été salement arrosé. Un des pires qu’on ait eu à se farcir. A certains endroits, je me souviens, on n’arrivait même pas à croire ce qu’affichaient les dosimètres. Même, dans les jardins, tu voyais briller des taches violacées. Des flaques de césium, que c’était. J’en ai jamais vu autant que là-bas. » 

Entrez avec Gouri dans la ville fantôme de Pripiat, une ville née de la centrale, devenue  une ville pillée, et envahie par les herbes. C’est une une histoire terrible, et si proche qu’une fois le  livre refermé on la garde longtemps en soi.

« Dehors le silence est parfait »

Si vous avez envie, après la lecture de ce livre, de découvrir quelques photos de cet endroit….

http://www.nemesismat.com/pripiat.html

Autour de Tchernobyl : D’autres livres proposés à la bibliothèque

Les inattendus   Eva Kristina Mindszenti     Stock

9782234059702[1]

Klara vit en Hongrie, dans un petit village de 200 habitants, une rue unique et au bout un hôpital. C’est là que sont amenés les enfants de Tchernobyl. Ceux nés malformés.

Klara qui lit et aime la poésie, fuit la misère et des parents indifférents en venant travailler au « pavillon des enfants cassés ». Elle s’est toujours sentie inutile, là elle découvre un monde étrange qui l’horrifie, peu à peu elle va s’attacher à ces enfants qui n’en sont pas vraiment. Un regard sans complaisance sur cet univers, sur le sentiment d’abandon ( sa soeur aussi les a abandonnés en allant travailler à la ville). Peu de nourriture, pas de médicaments ou périmés, aucun avenir…Un constat sans concession. Eva Kristina Mindszenti dit les choses comme elles sont, sans faux-semblants. Une franchise qui fait mal mais nécessaire pour évacuer la douleur. Ce livre est un chant funèbre.

« Un hôpital ferme notre village. Ses patients sont des enfants. Menés par les ambulances, à peine issus de l’utérus maternel. Lukacs y est garçon de salle. C’est ainsi que j’ai appris comment certains parents jettent leurs enfants, ici, à l’extrème pointe de notre pays, à peine leurs premiers cris poussés. Des parents terrifiés. Vaincus. Un formulaire. Une signature. Et les ambulances de la grande ville les conduisent ici, continuer ou finir leurs brèves, brèves vies. »

Les silences de Tchernobyl        Galia Ackerman      Autrement

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4 ième de couverture:

Huit millions de personnes vivent, et vivront longtemps encore, dans les territoires contaminés d’Ukraine, de Russie et de Biélorussie. Les puissances nucléaires du monde ont tout mis en oeuvre pour dissimuler les conséquences de l’explosion de Tchernobyl le 26 avril 1986 et tenté, par différents moyens médiatiques et scientifiques, de « faire passer » ce terrible événement. A l’instar de la Shoah ou d’Hiroshima, l’histoire ne parvient pas à prendre sens autour d’un tel passé. Cette catastrophe nucléaire civile majeure, la première de l’humanité, n’a pas produit de figures de héros ni de grand récit. Elle ne figure pas dans les livres d’histoire, et les « liquidateurs » agonisent silencieusement dans les hôpitaux. Mais elle n’a pas disparu pour autant de la mémoire ni du quotidien des populations dont elle a littéralement changé le monde. (…)
Artistes, philosophes, femmes et hommes politiques, témoins, acteurs ou militants dans cette affaire, tentent de prendre le sens et la mesure de la catastrophe. (…)
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A découvrir également
La Centrale   Elisabeth Filhol   P.O.Llivre-centrale-telerama-fc[1] » Quelques missions ponctuelles pour des travaux routiniers d’entretien, mais surtout, une fois par an, à l’arrêt de tranche, les grandes manoeuvres, le raz-de-marée humain. De partout, de toutes les frontières de l’hexagone, et même des pays limitrophes, de Belgique, de Suisse ou d’Espagne, les ouvriers affluent. Comme à rebours de la propagation d’une onde, ils avancent. Par cercles concentriques de diamètre décroissant.(…) »
Le quotidien des ouvriers dans une centrale nucléaire. De Chinon à Le Blayais nous suivons la vie de ces intérimaires. Un roman social passionnant qui nous plonge au coeur du nucléaire. Inquiétant?
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