Sur les étagères

Derniers achats à la bibliothèque. …Un choix un peu éclectique

Margaret Mazzantini     LA MER, LE MATIN     – Robert Laffont-

« Deux mères  et 2 fils que la Méditerranée sépare. Deux rives, deux pays, deux histoires que l’Histoire avec un grand H relie pourtant »

En Lybie c’est la « guerre ». Il faut partir. Omar, qui installait des antennes sur les toits, vient d’être tué. C’était le mari de Djamila. Avec son fils Farid, trop jeune pour comprendre ce qui se passe vraiment, elle veut fuir. Lui ,le fils du désert, ne connait pas la mer mais c’est leur seul salut : un bateau pour la Sicile. La traversée du désert sera éprouvante…et le passeur ne paraît pas très fiable. Mais l’énergie du désespoir fait avancer Djamila.

En Italie, Vito garçon de 18 ans traîne son mal-être. Sa mère après avoir été 11 ans arabe est revenue en Italie. Khadafi, en 1970, n’a plus besoin de tous ces colons italiens qui ont travaillé la terre ou créé des fabriques de bougies comme les parents d’Angelina. Ils sont mis dehors…Retour au pays. Angelina raconte cette histoire, la sienne, celle de ses parents. Son voyage à Tripoli comme touriste sur les traces de son enfance, là où tout a tellement changé.

Vito passe du temps sur la plage. A la recherche de débris….Farid est sur la barque avec d’autres, ballotée par les flots…Abandonnés de tous.

Un livre poignant porté un texte superbe.

extraits du livre :
Les  creux du sable étaient des lames et l’on se blessait à vouloir toucher le désert. Les vieux étaient enterrées là où ils mourraient. Abandonnés au silence du sable.
Farid regarde la mer. Pour la première fois de sa vie. il la touche du bout du pied, il la recueille au creux de ses mains. Il la boit et il la recrache.

 Olivier Adam      LES LISIERES           -Gallimard-

Roman d’une grande ambition, bouleversant par les questions qu’il soulève, Les Lisières est ainsi un livre très singulier, mais aussi éminemment politique. Une vision de l’époque, aiguë et engagée. (Télérama)

Les lisières c’est un roman de 454 pages qui nous happe et ne nous lâche plus. Paul Steiner, un écrivain et scénariste, qui ne se remet de sa séparation d’avec sa femme doit aller s’occuper de ses parents pendant quelques semaines. Retour dans la banlieue de sa jeunesse. Retour sur sa vie également. Son frère, ses amis, la maladie de sa mère, la dureté du père, le pavillon de banlieue…

Olivier Adam a un regard sans concession sur la société. Il nous narre la vie, l’actualité au plus proche. C’est un portrait au scalpel, une histoire dans laquelle on se retrouve.

Déprimant mais tellement juste.

  Carole Fives    QUE NOS VIES AIENT L’AIR D’UN FILM PARFAIT    –  Le Passage-

Un premier livre à l’écriture un peu étrange. Carole Fives n’analyse pas, elle dit les choses. Et ces choses là c’est le divorce des parents. C’est la soeur qui s’adresse à son jeune frère. Un livre découpé en courts chapitres qui raconte comment cela se passe maintenant leur vie de famille. Il y a la dépression de la mère, puis ses accès de « folie » et enfin le chantage pour récupérer Tom. Le rapport frère-soeur est important dans ce livre, mais il n’ y a que la soeur aînée qui a la parole pour un monologue étonnant.

  David Vann      SUKKWAN ISLAND      – Gallemeister-

voici quelques mots glanés parmi les critiques lues sur ce roman qui a reçu de nombreux prix :

Traumatisant, bouleversant, insoutenable, magnifique, hallucinant, haletant, déroutant, magistral, tragique et sombre, une histoire crue et déchirante, un livre brutal, d’une noirceur maléfique, d’une force implacable, un livre immense, une vraie gifle, un livre d’une rare puissance….Vous n’en sortirez pas indemne….

Sukkwan Island est une île perdue au sud de l’Alaska. Un homme et son fils de 13 ans s’installent, seuls, loin de tous dans cet endroit pour un an. Nous nous retrouvons en pleine nature, un endroit où il faut survivre plus que vivre. Le père est très névrosé, le jeune Roy, 13 ans, n’a qu’une envie, retrouver la civilisation. Vous entrez dans ce huis-clos….et là vous pouvez aller relire les mots des critiques : c’est exactement cela.

Philippe Djian    « OH…. »          -Gallimard-

Elle s’appelle Michèle, elle a 46 ans, elle est productrice. Elle est séparée de son mari mais ils sont toujours très proches. Elle a un père monstrueux qui est en prison depuis 30 ans. On ne sait pas tout de suite ce qu’il a fait. Mais on sait qu’il a détruit la vie de sa femme et de sa fille par son geste insensé. Elle a une mère qui a été forte pour elle mais qui les années passants a un comportement excentrique. Elle a aussi un fils, Vincent, 25 ans. Michèle gère tout: Son boulot, sa mère, son fils qui va reconnaître un enfant qui n’est pas de lui et s’installer avec sa nouvelle fiancée. Michèle a une amie. Sa meilleure amie, elles ont créé la boîte ensemble. Elle a un amant aussi, Robert le mari de son amie. Un personnage un peu falot. Et aussi un voisin dont elle semble trouver le capital érotique assez intéressant.

Michèle vient d’être violée, c’est le début du livre. Tout va très vite dans ce roman. on se trouve à un endroit, la phrase suivante on est ailleurs. C’ est un mois dans la vie de cette femme qui ne sort indemne de rien mais qui semble s’en sortir malgré tout cela. « oh !… »

« Décembre est un mois où les hommes se saoulent – tuent, violent, se   mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs,   s’enfuient, gémissent, meurent… »
« Oh… » raconte trente jours d’une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant  ( Gallimard)

Extrait :

Il fait froid, les jours ont raccourci. Je ne lis pas de bons scénarios. J’ai été violée. Je ne parle pas de mes relations avec mon mari et mon fils, je n’évoque même pas mes parents. Le pire est qu’il va falloir penser aux cadeaux.»

   Sophie Schulze     ALLEE 7, RANGEE 8        – Léo Scheer-

Présentation de l’éditeur :

Au début du xxe siècle, en Allemagne, Franziska met Walter au monde. Ce roman raconte Walter, l’Allemagne, et le siècle. Walter, exilé en France, deviendra légionnaire, puis mineur. Il se mariera, aura des enfants, vieillira, mourra. Un destin anonyme, enfoui dans la multitude. Un homme semblable aux autres, qui ne pèse pas sur l’histoire, et que l’histoire malmène. De la naissance à la mort, le tracé vertigineux du temps. Que vaut une vie ? En mêlant l’histoire d’un homme à l’histoire de l’humanité, dont les étapes tragiques se succèdent au rythme effréné de ce siècle, ponctuées par l’évocation des grandes figures de la philosophie allemande, de Nietzsche à Heidegger et Hannah Arendt, Allée 7, rangée 38 réussit, avec une force d’évocation impressionnante, à donner le sentiment bouleversant de la précarité des hommes.

Dans ce court roman, 90 pages, c’est à une leçon d’histoire que nous convie Sophie Schulze. Maurice Schuman et les débuts de l’idée de l’Europe, Heidegger qui n’avait pas fait le bon choix, le philosophe juif allemand Hurssel et d’autres sont présents, ce qui nous donne quelques citations intéressantes et une approche de la philosophie allemande.
Il y a aussi Walter et sa famille plongés dans le chaos de l’histoire…
Un roman qui semble minimaliste mais qui est riche de cette histoire. A découvrir absolument car c’est passionnant.

Gabrielle Démaraux       COLLEGE INIQUE      -Ed François Bourin- 

Ce livre est le témoignage de 13 ans d’enseignement en région parisienne et à Paris. En courts chapitres l’auteur nous raconte ses débuts difficiles, les changements de collège. Ce qu’est la vie pour les profs  lâchés dans une espèce de « jungle » pour laquelle ils ne sont pas préparés. On découvre les élèves avec leurs qualités et leurs défauts, leur souffrance aussi…Les « guerres larvées » parce qu’ils ne sont pas de la même religion ou d’ethnies différentes…Leur grossiéreté , leur insolence et leur violence mais aussi leur désarroi… L’administration bornée, les services sociaux qui font ce qu’ils peuvent ou ce qu’ils veulent… Il y a eu des moments difficles, du courage aussi pour ce professeur qui croit en son métier et, malgré la peur quelquefois, ne baisse pas les bras. Un constat implacable qui semble terrible et assez sombre, sans espoir . Pourtant l’auteur termine son livre ainsi « Je rêve d’un monde où tout serait plus facile. Mais j’en suis aujourd’hui persuadée, je fais le plus beau métier du monde. »

  August von Kageneck       LA FRANCE OCCUPEE       – Perrin-

Présentation de l’éditeur :

Une plongée au coeur de la France occupée par l’un des plus célèbres écrivains combattants allemands de la Seconde Guerre mondiale. Printemps 1940, les soldats allemands découvrent l’hexagone. Ses paysages charment ; Paris les envoûte. Ils apprécient l’art de vivre à la française, d’autant que l’accueil est relativement cordial. Et puis la Résistance s’organise, s’affirme. Les représailles allemandes s’enchaînent. De nombreux otages sont exécutés publiquement ; les Juifs et les communistes sont traqués. August von Kageneck, antinazi convaincu connu pour ses récits de la guerre à l’Est, est lui aussi tombé amoureux de la France alors qu’il arrivait en Brie avec son régiment. Mobilisé à 17 ans, il nous raconte son expérience de l’occupation et livre le point de vue des soldats de la Wehrmacht sur la France occupée. Enrichissant son
expérience personnelle par de nombreux témoignages, il montre comment et pourquoi, après une période de curiosité réciproque, les relations entre occupés et occupants, entre le peuple français et les soldats allemands, devinrent de plus en plus conflictuelles et violentes.

Ce récit exceptionnel, qui s’achève en 1942, est préfacé et complété par Jean-Paul Bled jusqu’à la Libération. L’ensemble forme une nouvelle histoire de la France occupée.

  Jean-Marc Berlière et   Franck Liaigre         AINSI FINISSENT LES SALAUDS    -Robert Laffont-

Polar? Non, une page d’histoire et pas la plus glorieuse de la guerre 39/45. Des corps repêchés dans la Seine , près de 40 en 1 mois. Ce livre d’histoire est une enquête minutieuse -il y a de nombreuses pages d’annexe-  pour savoir ce qui s’est passé en 1944 dans la tourmente de la libération de Paris où les FTP de la dernière heure réglaient leur compte . Et toutes les victimes méritaient-elles ce sort? Implacable et glaçant.

« Quand la réalité se fait plus noire que la fiction »

   Binet   LES BIDOCHON SAUVENT LA PLANETE     -Fluide glaciale-

Un sujet dans l’air du temps pour Robert et Raymonde : l’écologie. et c’est la découverte des ampoules basse-consommation, du tri sélectif, des toilettes sèches, du covoiturage….Robert est assez réfractaire à tout cela. Mais puisqu’il faut s’y mettre… » ils me font ch….avec leur écologie ».

C’est drôle, bien observé et Binet derrière ses personnages fait un constat de cette société qui édicte de nombreuses règles pour « sauver la planète, les inuits et même les orangs-outans… ».

Dans la même veine les Bidochon internautes et les Bidochon usent le forfait. A savourer.

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