Lire en Loir-et-Cher avec les éditions Buchet-Chastel

La nouvelle édition de lire en Loir-et-cher a du mal à démarrer à la bibliothèque – même parmi les bénévoles. Si nous ne faisons pas partie des bibliothèques qui participent à cette manifestation la bibliothèque propose tous les livres de la sélection. Une lecture qui vous incitera peut-être à aller plus loin dans la découverte en rencontrant un des auteurs sélectionnés dans différentes bibliothèques du réseau. Un moment fort toujours très intéressant.

En allant sur le blog de Lire en Loir-et-Cher ( voir lien ) vous découvrirez tous les résumés des livres de la sélection ainsi que les avis de lecteurs et des « collègues » de la Direction de la Lecture Publique.

Cette année ce sont les éditions Buchet Chastel qui ont été choisies. A Bracieux nous avions peu de livres de cette maison d’édition. 11 exactement auxquels nous y avons rajouté 7 de la sélection. Et oui nous en avions déjà 2 et un des titres a été emprunté à la DLP. Ce qui fait que vous pouvez tous les découvrir sans aucun problème et comme ils sont peu empruntés il y a le choix.

Jean-Marcel Erre                   Série Z

Au cinéma on a l’habitude de nommer les films à petit budget, médiocres et peu élaborés artistiquement de série Z.

Dans ce livre vous rencontrerez Félix un cinéphile un peu étrange, de vieux acteurs s’ennuyant dans une maison de retraite, les éditions Buchet Chastel, un producteur boucher à Rungis, un inspecteur de police et son fils…et des cadavres.

C’est drôle, délirant avec un regard décalé sur le grand âge et des personnages bien campés. Sans être un cinéphile accompli, on ne s’ennuie pas une minute dans ce roman même si le sujet est plus grave qu’on l’aurait imaginé au début.

D’ailleurs l’auteur nous prévient dans le prologue : « Cela étant dit, bonne lecture et/ou bon courage »

La première phrase  » Tous les matins, c’était l’odeur qui réveillait Félix (trente-trois ans, soixante-dix kilos, un mètre soixante-seize d’inquiétudes existentielles). A sept heures précises, le chat Krasucki(dix ans, dix kilos, cinquante centimètres de molle obésité) se hissait péniblement sur le lit de ses humains de compagnie et venait balader son haleine rance sous le nez de Félix, le distributeur de croquettes.

Teodoro Gilabert                            La belle mauve

La première phrase  » Je ne vis d’abord que 3 fines bandes blanches sur un fond noir. Une sorte de sculpture minimaliste »

Dans ce livre on voyage de Nantes à Marseille. Le narrateur « poursuit » une femme qu’il a juste aperçue et dont il est follement tombé amoureux, mais il y a aussi une japonaise et surtout un tableau La belle Mauve. Un tableau qu’il contemple au musée des Beaux-arts de Nantes, il « vit » donc 3  histoires d’amour… Dans ce livre on rencontre Demy, Sophie Calle, Le Corbusier au détour des pages. Une plongée sympathique dans l’art ( et la découverte d’un tableau ) pour une quête amoureuse.

Valérie Clo                             Plein soleil

La première phrase « Pendant longtemps, mon père a été une tombe laquée noire qu’on m’emmenait de temps en temps visiter »

Récit autobiographique l’auteur parle de la mort de son père dans un accident de travail lorsqu’elle avait 13 mois. Elle raconte une histoire qu’elle n’a pas vécue, car trop jeune. Nous fait sentir sa souffrance et son manque et comment le destin va brusquement basculer pour cet homme. « 8h30. Compte à rebours. Où est mon père? »

Elle le fait revivre pour elle, pour ses enfants. C’est l’histoire de sa famille aussi et le livre refermé on se dit que cet homme nous non plus on ne l’oubliera pas.

Fadéla Hebbadj                         Les ensorcelés

La première phrase :  » Au commencement fut l’assassinat de ma mère et de ma soeur »

Un livre étrange par son écriture, par les mots qui nous transpercent…Cette histoire au début je pensais que c’était au roman. Et au fil des lignes j’aurai tellement voulu que ce soit un roman.

C’est l’histoire d’un meurtre ; la mère et la soeur de l’auteur tuées par un voisin, c’est l’histoire d’une famille d’immigrées. Une famille heureuse. Et puis c’est un fait divers dans les journaux…Mais c’est toute la souffrance d’une famille, dans l’indifférence de la justice. L’auteur dit qu’il n’y a rien eu : pas d’aides psychologiques, pas de procès, un re-mariage imposé au père pour éviter le placement des enfants. .

Deux femmes sont mortes, sans enquête, sans recherche de la vérité. Non-lieu. Le coupable était un déséquilibré pour la justice. Et Fadéla Hebbadj la recherche, elle, cette vérité. Se replongeant des années après dans les archives. Elle dit « le malheur est impensable pour celui qui ne l’a jamais rencontré ». Elle est dans une tragédie, elle est Antigone, elle est la douleur et la colère.

Et dans ce livre il y aussi la France en 1972, où la vie de 2 femmes immigrées ne vaut pas grand chose…Sans doute parce que la guerre d’Algérie était encore si présente dans les mémoire.

Un livre à lire d’un seul souffle tellement il nous secoue.

Pierre Lagier            Fais de beaux rêves

La première phrase :  » J’ai beau ne pas croire aux prémonitions, j’avoue avoir été troublé »

Un grand-père décédé il y a longtemps. Et un jour une lettre de ce dernier, la premiére d’une longue série.. Pierre troublé essaie de comprendre et va mener son enquête.

Jean-Philippe Blondel             G 229

Les premières phrases : « Il est dix-neuf heures trente. 3 décembre. La nuit est tombée depuis longtemps. Le conseil de classe vient de se terminer, trente-cinq élèves, une heure et demie, ça a été rondement mené. »

Jean-Philippe Blondel est resté 20 ans dans le même lycée et surtout dans la même salle. L’auteur raconte son métier, avec tendresse. Il avait d’autres rêves…l’Equateur. Mais voilà il est resté là. Mais il ne dresse pas un portrait au vitriol de l’école. Par petites touches on pénètre dans ce milieu et c’est juste bien.

Le proviseur l’avait prévenu au tout-début de sa carrière  » le plus dur dans ce métier, vous savez, c’est de manier le on et le je ». Et l’auteur semble s’en amuser de ce conseil  » On s’ennuie », « On y a cru. On y croit tous », « J’entrerai dans la G229 », « Je poserai le sac sur mon bureau »  » Je dirai – bon, on y va? »,  » Et on ira, ou que ce soit, on ira »

 

Caroline Sers                   Les petits sacrifices

La première phrase : « Ah ! Les bienfaits de l’oubli… »

C’est la saga d’une famille de notable de 1914 à 1950. Les Dutilleul. Le portrait de 3 femmes qui doivent juste obéir et tenir leur rang. Une famille rigide, fière de sa réussite. Le jour de la mort de Jaurès une réception donnée par Henri et sa femme sur le domaine se terminera en tragédie. Le maître de maison a tué un homme. Pour quel raison? Et puis il y la guerre et le sacrifice – non choisi- de Fabrice et de Pierre, les 2 frères. Nous suivons cette famille sur 3 générations. Nouveau sacrifice puisque Charlotte, enfant rebelle sera donné en mariage à un riche commerçant, qu’elle n’aimera jamais. Seule Geneviève aura réussi à se libérer de ce carcan. Et la tragédie que vit la jeune Nicole, fille de Charlotte, nous laisse un peu abasourdi à la fin du livre.

Marie-Hélène Lafon         L’annonce

Les premières phrases : « Annette regardait la nuit. Elle comprenait que, avant de venir à Fridières, elle ne l’avait pas connue. »

Paul a 46 ans il est paysan dans le Cantal.  Annette, 37 ans, vit dans le nord avec son fils. Une annonce, une rencontre…Annette va découvrir une nouvelle vie, si différente. Il va falloir affronter les 2 oncles qui vivent à la ferme et Nicole la soeur de Paul. Enfants ils ont été placé là par les parents et n’ont jamais quitté la ferme.

« Paul savait que Nicole était là et voyait tout par la fenêtre de la cuisine. Empoignant la machine, pour finir, il avait pensé qu’elle allait comprendre, maintenant, qu’une autre femme venait, une autre femme pour lui, pour vivre. »

Il y a donc ceux du bas et ceux du haut dans cette maison et tout ce petit monde s’observe. C’est l’histoire de leur rencontre, de leur vie, de leur espoir. C’est une histoire d’amour.

Une écriture très dense, avec des phrases très longues, sans aucun dialogue.

Ce livre a eu le prix Page des libraires 2009.

Nicolas Michel              Corsika

La première phrase : « Enock est réveillé par le bruit d’un essieu raclant la latéralité de la chaussée »

Philippe Setbon              L’Apocalypse selon Fred

Et pour ces 2 derniers livres je vous les laisse découvrir sur le site :

 www.lire41.cg41.fr/

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